Ciel, un cheveu dans mon thé! (la robe mémorielle 13)

Certaines m’ont demandé quand je publiais, cela semblait un peu aléatoire…C’est 3 fois par semaine, (plutôt le dimanche soir, le mercredi, le vendredi soir ou samedi matin…………..Argh…………….je suis coincée! Mais, déjà,  je déroge à la règle, aujourd’hui, nous sommes jeudi…..Je suis un peu, beaucoup, passionnément, fantaisiste! La preuve ci-dessous:

J’ai peu de rites qui me sont indispensables, peu de choses dont j’ai réellement besoin, sauf un thé, le Tarry souchong, ce  thé de chine très fumé dont je bois 1/2 litre chaque matin avant de démarrer la journée. C’est mon moment « zen », l’instant où je médite ou lis (les japonais ne disent-ils pas qu’ « un bain rafraichit le corps, une tasse de thé l’esprit. « ?) Mon surnom de grand- mère, c’est M’Anne, la contraction de « maman » et Anne, Mam’Anne; c’est devenu, si on veut bien m’en accorder le mérite: Superm’Anne  (idée de mon gendre qui, déjà avait eu l’idée d’Ana-chroniques)). J’ai écrit ces prénoms en volutes de fumée et parmi celles-ci appliquée (point de couchure) une mèche de cheveux volée à ma fille. Pendant très longtemps, on a brodé, tressé des cheveux, j’en ai dans un médaillon qui devaient être à l’arrière grand-mère de mon mari. La tasse est brodée, elle « repose » sur un ruban tissé à mes initiales.

Au  Japon (puisque j’ai déjà cité ces amateurs de thé dont la cérémonie est un art) » Si une homme n’a pas le thé en lui, il est incapable de comprendre la vérité et la beauté.  » C’est ma véri-THE , l’outil de ma créativi-THE.

Bonne journée avec un T comme tranquille,ou un thé …comme Tarry souchong!

 

Des mains encore, mais en prière

Merci à tous vos commentaires, profonds, intelligents, vous voyez juste, vous lisez et devinez entre les lignes…

La robe mémorielle 12:

Les jeux de mains (séquence 11) sont suivis de mains jointes:

« Seule la PRIERE approche de cette concision et de cette pureté qui fondent la vérité . Ecrire, c’est comme une prière: ALLER à L’ESSENTIEL« . Broder aussi, c’est une écriture; broder c’est également aller à l’essentiel! Cette citation d’Elie Wiesel ne pouvait que me tenir à coeur, me re-tenir.

Ma famille maternelle avait un ciment: la foi. Si je n’avais pas envie de semer partout des croix, j’ai aimé l’idée de représenter des mains jointes et en prière; je l’ai représentée avec des gants faits au crochet par ma grand-mère, et un chapelet ancien,  un « chapelet de rien », rouillé; sûrement pas le chapelet dont se servait mon aïeule, mais il a été trouvé dans ses affaires.    

Plus, loin, sur la robe, une médaille que ma mère portait sur elle, et la vieille épingle double rouillée…

    C’est ma grand-mère qui m’a appris le crochet; j’étais très jeune et je l’ai beaucoup pratiqué. Je pense à elle quand je crochette. Ainsi le lien court-il  à travers le temps; on n’est jamais assez redevable…Attention à ce mot: je ne parle pas du devoir comme un fardeau qui pèserait sur mes épaules, mais l‘envie, le désir poignant de dire  ma grand mère et à ma mère l’infini don de ce que j’ai reçu d’elles, celui de la vie d’abord et de tout le reste qui m’est utile pour mon propre voyage sur terre. On perd toujours le gens qu’on aime trop tôt.

Je me souviens de ces mots poignants de Camille Claudel  qui éclairent   sa vie et son oeuvre « Il y a toujours quelque chose d’absent qui me tourmente ».

« L’avenir, ce sont les éléments du passé revisité »;  j’ai brodé ces mots de Goethe sur la robe: je ne suis pas nostalgique, mais j’ai des racines pour m’ancrer, cela permet à mon arbre de grimper vers le ciel, l’espace et demain. Nous reparlerons des racines…