La Robe, … et notre présence au monde (17)

La robe mémorielle un tout petit peu encore …

Toutes ici, avez écrit des choses fortes qui témoignaient de votre sensibilité à la question des racines, du « matrimoine« , de la transmission. Cela m’a beaucoup servi, ça a cheminé en moi, ça m’a ouvert des horizons, donné des idées; jamais, je ne vous dirai assez merci! Dans quelques temps, peut-être verrez- vous  ici une robe de baptème ancienne et son histoire ; la robe n’a pas été « retouchée », brodée, modifiée.

Ses initiales brodées pour mon amie France

Dans tout ce  qu’il m’a été donné de lire dans vos commentaires, je me permets de reprendre celui-ci:

« Habit Habiter c’est pareil…comme tu dis vrai! Je dois quitter ma maison prochainement. En faisant mes cartons j’ai retrouvé une robe de satin que portait ma mère au mariage de ma soeur. En la revoyant j’ai pleuré tout mon saoûl…j’ai pensé à elle qui n’est plus tout à fait « là » et au fait que les robes effectivement sont mémorielles…que les habits habitent… que nous-mêmes, nous sommes « la maison » qui .. « demeure ».

la maison qu’un jour j’ai imaginée pour France

Sur ce message, comme sur d’autres, on pourrait écrire pendant des heures. Pourquoi m’a -t-il ému? Parce que je connais France, son courage, sa force; elle habite au Québec; elle n’a pas, comme moi, perdu sa maman, mais cela revient au même, sa maman est égarée, perdue -par la maladie d’Alzheimer, dans un autre univers. Ses habits l’habitent plus qu’elle ne les habite; sa robe fut un écrin pour elle, c’est une coquille presque vide où ne reste que le souvenir de celle qu’elle a été…….C’est terriblement cruel, puisqu’elle est encore là, et n’est plus présente au monde. France écrit: « nous sommes la maison…qui demeure ». cette phrase est étrange, sutout quand on sait que le mot demeure est dérivé  de la notion de durée, (mora en latin)….et aussi qu’on dit de quelqu’un un peu simplet qu’il est « demeuré »………..Il est resté à l’état d’enfant (figé dans le temps, en l’occurrence la maman de France y est retournée………) Bon, bref, cela nous entraînerait loin, mais avant de clore ce paragraphe ,je vous conseille un livre formidable,un petit livre où il est question de transmission , de femmes et de broderie: Les demeurées de Jeanne Bénameur!

Prochain article et dernier prolongement de la robe mémorielle: où il sera question de la robe de velours de Frida Kahlo………….

NB1: Si je ne réponds pas à vos gentils et avisés commentaires, c’est que je dois m’absenter  tout samedi et peut-être dimanche. Amitiés à toutes!

NB2: rappel:parution  des nouveaux  articles 3 fois par semaine, (en principe,  dimanche soir,  mercredi et vendredi soir ou samedi matin)

Où L’on parle encore de dahlias, de racines …et de « Matrimoine »

Le jardin de maman

suite de la robe et des dahlias (16)J’ai souvent voulu rendre hommage aux talents de jardinière de ma mère, je n’ai pas ce talent, ni cette patience, mais j’admire O combien ceux qui savent faire fleurir la terre et  qui nous l’offrent en bouquets  et en feux d’artifice.

Dans le numéro 89, Les Nouvelles du patch, avaient proposé mon quilt dans la rubrique des modèles:

Mes quilts sont toujours matelassés à la main, c’est long, mais je trouve que c’est beau, émouvant et la main laisse laisse l’âme rêver; c’est une pensée vagabonde qui vous laisse le loisir de vous évader du quotidien; c’est aussi une façon de résister à la marche pressée de notre époque qui prône la course plutôt  que la promenade (et celle qui écrit ça est une ex- semi-marathonienne, ce qui rend encore plus savoureuse la vérité!)

Derniers détails

 

RACINES:

Ici, il fut beaucoup question de « racines »; un jour, par hasard, j’ai entendu quelqu’un dire: « Mes racines,je les ai coupées, les racines, elles empêchent de marcher ». Rien n’est plus faux et je m’insurge contre (tant pis pour Lény Escudéro qui prononça ces mots et se crût profond!)Les racines nous nourrissent et nous ancrent, mais nous permettent de grimper vers l’Espace et le ciel, ce sont des liens entre la glèbe et l’air. Sans racines, pas de vie possible.Je ne suis pas quelqu’un de nostalgique,  mais je rends grâce à  mon passé et à ceux et celles qui m’ont précédée!

Matrimoine:

L’adjectif « matrimonial existe, mais pas le substantif, semble-t-il. C’est le reflet de nos sociétés patriarcales où les hommes revendiquent  le pouvoir; et bien « , nous avons aussi un « matrimoine« , créons le néologisme, il dit bien ce qu’il laissse sous-entendre: les femmes nous ont tellement transmis, il m’est impossible dans mon cas, de le nier. Je suis fière de  tout ce qu’elles  m’ont donné. Je me ferai un devoir de le transmettre! Et, entre tous ces fils tendus,je trouverai bien le moyen de me faufiler, de faire ma place et celles de mes filles……..

Anne aux rubans