A comme Amélie, Amour…et même Alger

la robe mémorielle 14

Comme il se trouve qu’aux 4 premières générations de filles dont nous tirons le fil, il y a eu chaque fois une soeur, il y a eu aussi beaucoup de A!Plusieurs prénoms commencent par cette lettre: ceux  d’Amélie, la grand-mère (et d’une de ses petites filles), l’artis-Anne, d‘Aurélie,  d’Anaïs et  de sa filleule: Alix, ma petite fille…………..Le hasard…Mais le A est celui d’amour, ce n’en est donc pas tout à fait  un!

J’ai utilisé le dernier monogramme qui me restait, celui d’un des draps de ma grand-mère Amélie qui l’avait brodé elle-même à la lueur d’une lampe à pétrole, le soir, car le jour, dans un village pyrénéen déserté des hommes et de son mari, pour cause de guerre, elle était institutrice .

Ce A, c’est aussi celui d’Alger, écrit sur la robe parmi d’autres noms de lieux, autant de pierres blanches qui jalonnent notre chemin familial; Alger où sont enterrés certains  membres de ma famille dont la jeune femme pour qui fut faite la robe, ma tante……………. Vous n’aurez pas des photos de chaque détail (vous seriez lassés- si vous ne l’êtes déjà!) cependant, une photo du bracelet pour Alger, ville  nichée dans le coeur maternel:  Alger est représenté par un bracelet de piécettes écrites en arabe, il est ancien, en argent, mais si je l’ai porté, je ne le fais plus. Vous en devinerez les raisons.

bracelet et séquence nostalgie

Le A n’était guère visible, brodé blanc sur blanc, très en relief cependant, je l’ai recouvert de quelques points lacés et colorés.

Ma maman posait chaque jour devant les photos de la sienne et de sa soeur, une fleur de son beau jardin, moi, ,j’ai cousu, brodé et appliqué quelques dahlias aux alentours du monogramme. Il est dit que pour moi, c’est un peu la fleur du souvenir; quand j’en vois un, le coeur serré, je le tends vers le ciel où une jardinière compose des bouquets.

Croyez-vous qu’on puisse guérir de la perte d’une jardinière? Qu’en pensent les jardins eux-mêmes ?

Enfin, ce A, m’évoque aussi Ariane, Ari-Anne, celle qui prête le fil, celui qui permet de sortir du labyrinthe, du dédale des jours, du passsé lié au présent, de l’embrouillaminis, le fil qui permet de placer les repères, de SE situer dans l’Espace et le temps. Tant (Temps…) à dire, à exprimer, à écrire….

Souhait répété:  J’aimerais qu’on puisse lire dans les plis d’une robe, dans ses décorations, dans son travail de couture (fait par ma grand-mère ou sa couturière) comme on lit un poème ou un texte dans un livre. Il  y  a dans un tissu une émotion enclose à jamais. Et  tant de nous, femmes… et vous aussi,  fils de ces femmes…


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