Installation en cours et cyanotypes textiles: poésie bleue

Je travaille tous les ans à l’exposition sur le Causse en mettant en place une Installation qui évoque la mémoire de ces lieux que j’aime; je les sens habités. Tous les passants, touristes, randonneurs ou gens du lieu, sont invités à s’y promener librement tout l’été.

Projet de  l’Installation:J’ai donc travaillé plusieurs fois sur sa MEMOIRE: mémoire du rude labeur en ce lieu (bleu de travail)mémoire gardée par l’oiseau qui veille sur un tissage fait d’herbes, de branchages, mémoire de l’uni-vert de mamie du Causse, mémoire sur la rouille, les outils et le temps qui passe…Cette fois-ci, j’ai reproduit par CYANTOYPE (1) le souvenir de ces enfants qui sont passés, passent, grandissent, s’en vont et reviennent parfois.Installation 1Recette de l’Installation: Deux de mes petites filles  (Alix et Marguerite) ont accepté de rester immobiles en plein soleil sur des draps anciens préparés; je les avais enduites de crême protectrice+ lunettes de soleil, 10 minutes d’exposition et un grand bain dans une baignoire pour ôter toute trace de solution: cyano Margue - Copie

Il restera de toi…

Il restera de toi ce que tu as donné.

Au lieu de le garder dans des coffres rouillés..

Il restera de toi de ton jardin secret,

 

Une fleur oubliée qui ne s’est pas fanée.

Ce que tu as donné, en d’autres fleurira.

Celui qui perd sa vie, un jour la trouvera.

Simone WeilInstallation et cyano 3

(1)Procédé du cyanotype:

Le cyanotype est un procédé photographique  mis au point en 1842 qui nécessite 2 produits (le citrate d’ammonium ferrique et le ferricyanure de potassium) du soleil et des « objets », en l’occurrence…Des enfants, présences réelles devenues poétiques, irréelles apparitions qui une fois encore, témoignent de la vie en ces lieux…J’ai jeté rapidement avec mon assistant, des fleurs autour, des herbes, des lianes….Il faut aller très vite; un cyanotype surexposé est raté définitivement!

En découvrant les 2 résultats qui avaient séché à l’ombre, je me suis extasiée devant leur irréalité, leur poésie. Je vais les travailler à grands points; vous verrez plus tard le produit fini et l’exposition de l’Installation sur le Causse:

« Il n’y a qu’un seul problème de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles. Faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien, (…) redécouvrir qu’il existe une vie de l’esprit plus haute encore que la vie de l’intelligence.

Antoine de Saint-Exupéry

Installation et cyanotype 4

Le 1° ci-dessus (celui où Alix prend la pose!) a été fait sur un drap ancien épais, de bonne qualité; il est d’un bleu soutenu, très beau -mais j’aime les bleus passés du 2° sur un drap fin tant il est usé; d’autre part, je l’ai préparé à la va-vite, oubliant de mêler les 2 solutions, ce qui fait que j’ai dû repasser le pinceau et  la 2° solution par-dessus…parfois un peu irrégulièrement…La petite Marguerite porte une courte robe et tient sa poupée…Installation et cyanotype

Tant de bleus, tant de rêves, tant d’espace céleste pour nous toutes seules…………Merci de  vous être jointes à cette promenade dans mes rêves bleus…………

A lundi sûrement……….! Vous verrez un de mes cadeaux, et du bleu encore, du bleu……………Celui du ciel!!


Commentaire

Installation en cours et cyanotypes textiles: poésie bleue — 23 commentaires

    • Mijane, je vais vérifier ce que j’ai écrit, mais il s’agit de Marguerite et Alix, les cousines, et ce n’est pas encore fini, je les reprends pour l’Installation. A suivre!!!

  1. Trés réussis ces deux cyanotypes…geniale cette idée pour illustrer la mémoire …le temps de l’enfance ..instants fugaces que l’on garde en mémoire et a retrouver en souvenir sur ces textiles …bravos a Marguerite et Alix et merci a notre artis’Anne de nous offrir d’aussi jolis portraits de filles !

    • Portraits de passantes sur le Causse, surtout, Gigi. Retrouver la grâce de l’enfance vécue sur ces terres; mes petites-filles juste là pour « servir » la mémoire… Tellement à dire que je m’en sens incapable!

    • C’est cela Elena, mes petites-filles sont porteuses de mémoire, mannequins et ombres d’un jour…Ce n’est pas elles que j’ai voulu « peindre » effectivement, mais une mémoire , le souvenir de vies. Merci!!!

  2. Oh le résultat est vraiment superbe et tellement féérique j’aime autant les deux !
    Bravo aussi pour la prouesse technique car en grand format cela n’a pas du être évident à réaliser et j’imagine que tes deux petits modèles vont te resservir car tu as du être émerveillé toi aussi lorsque l’impression était révélée. ( j’espère qu’elles ne se sont pas transformées en schtroumphette 😉 )
    Il me tarde de voir la suite.
    J’aimais beaucoup ton installation avec les déclinaisons sur la rouille l’an dernier avec un petit côté nostalgique, mélancolique mais là il y a plus d’optimisme avec ce bleu aussi éclatant que le soleil peut l’être en ce moment!!!
    Mais tous ces camaieux de couleurs reflettent bien le paysage du Causse.

    • Oui, Cécile, TOI, tu sais comme cela fut difficile, surtout d’oublier le mélange et de recommencer avec un 2° produit…Les petites, en rien transformées en schtroumpfettes (!), ont joué le jeu avec grâce et sérieux, ce sérieux de l’enfance. J’aimais aussi la rouille (qui d’ailleurs s’associe bien au bleu du cyano) mais j’ai adoré voir fini ces « portraits » de passantes revenues du passé. Et ton souvenir à toi pour guide: merci mille fois!

  3. Ton billet est magnifique Anne dans « ta poésie bleue »… de ceux que j’aime le plus…. pour ce qu’il représente, l’ombre de tes toutes-petites à jamais sur le tissu, dans le si joli teint de tes rêveries, tout ce qui est écrit ici, les citations épatantes.. « il restera de toi » de Simone Weil, si bien choisie ! merci chère Anne de permettre une soirée toute douce grâce à toi. bisou. Den

  4. La magie du cyanotype couplée à la magie des générations mélangées. Il n’y a que toi pour avoir de telles idées. Le résultat est extra-ordinaire (et le tiret est volontaire) Tu travailles avec tes souvenirs et les chemises de ton mari et là tu vas broder avec l’enfance, la féminité, l’avenir. Bonnes broderies, Artis’Anne, Amie Anne, Mamie Anne. Tes petits-enfants ne t’appellent peut-être pas Mamie mais c’était trop tentant et parlant 🙂 Bisous doux.

    • Merci Annie, oui, ce lieu m’inspire décidemment et je projette un article récapitulatif, avec toutes mes créations pour le Causse. Tu as tout juste: recréer avec les chemises de celui tant aimé, se servir de mes petites filles sur de vieux draps, tout se tient, je suis mon fil, celui du souvenir, de la mémoire, ces femmes…Comme je te l’ai écrit, tu n’es pas si loin; mes petits enfants m’appellent Mam’Anne ou m’Anne, contraction de maman et Anne, j’aime bien….

    • Clairette, nous sommes toutes des magiciennes, et toi, tu n’en es pas une moindre. Grâce à l’EDM, j’ai rencontré Cécile à qui j’avais acheté 2 sacs; et elle, gentiment m’a initiée au cyanotype; le résultat, c’est donc en partie grâce à vous deux!!!

  5. Très poétique cette représentation de tes 2 petites-filles ! Et le résultat est splendide ! La silhouette blanche apparaît tellement lumineuse, on dirait des êtres féériques ! Merci pour ce très joli partage… Bisous

  6. Coucou Anne,

    Ce travail m’a tout de suite évoqué les empreintes corporelles d’Yves Klein: Surtout en bleu!

    Je trouve le résultat aussi précieux que poétique … Si j’ai bien compris, c’est le tissu que tu as enduit du mélange?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *