Le tableau orientaliste tout en bas de l’article vient d’Alger; il représente une mauresque, il a plus d’un siècle; il était dans la chambre de ma maman lorsqu’Alger était encore notre « ville blanche« ….Il l’a suivie lors de ses déménagements, il est maintenant dans mon salon; tous les jours, je le regarde, je pense à ma mère, à Alger qu’elle aimait, où sont restés en terre son papa, sa jeune sœur…Malgré ce que j’aurais à dire, voudrais et aimerais dire, je vais m’autocensurer; en France, sur certains sujets, on peut tout dire du moment que c’est conforme à ce que serinent des journalistes et historiens ignorants ou malveillants…On appellent ça la « pensée unique »…..pour moi, ce sera « la langue de bois »…une fois n’est pas coutume…
« Ce qui est vraiment dit, ce n’est jamais avec des mots que c’est dit. Et on l’entend quand même très bien! « (Christian Bobin)
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« Car tout existe dans la nature, donc tout est légitime, tout est plastique. Il s’agit seulement d’attraper la note, voilà. J’ai découvert le secret. »
La note évoquée par Flaubert, je l’ai découverte, et la technique aussi, peu à peu peaufinée; je n’aime pas ronronner, me répéter: il y a les corbeilles qu’on me demande, souvent classiques et que j’aime faire, puis, celles que j’ai envie de tenter; c’est pour moi une nécessité: révéler au moins à moi-même ce dont je suis capable et le désir hébergé au creux de mon être le plus profond, m’évader, emprunter des passerelles; dans cette corbeille réalisée pour une expo, il y en a , chemins de fil, inclusions de perles, rondelles et spirales, noeuds de colombins, essais divers….J’ai moi aussi découvert le secret; Gustave a tout juste!
Oui, « tout est plastique » (Flaubert) même le textile, dont j’arrive à faire tout ou presque en la matière!
Oui, j’approuve Baudelaire:
“ Allons au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau. ”
C‘est au fond de moi, de ce que je n’ai pas tenté que se trouvera l’inédit! J’ai envie de continuer sur cette lancée de recherches…
Je me répète; peu importe qu’on me reproche ceci ou cela, c’est une RECHERCHE, pas une commande, c’est une libération, une expression! C’est un tour de force, mon « chef d’oeuvre » au sens où l’emploient les compagnons » C’est un exercice , une discipline! A elle toute seule, cette corbeille , ce sont mes chemins de traverse; c’est son titre! Et elle m’a beaucoup appris, c’est ma richesse!
Le cinéaste Ingmar Bergman n’affirmait -il pas que que
« La vérité intérieure doit mûrir pour être utilisée dans la construction artistique » ?
Tel est le chemin que je tente d’emprunter
Capable de faire mon auto-critique, jai beaucoup décousu, ce qui n’est pas chose aisée et j’aurais dû défaire le blanc et noir de la partie basse qui ne me plaît pas, mai s j’ai senti avec ces chemins de traverse, soufller un vent de liberté et d’aventure!
« Ce que nous recherchons dans l’art, comme dans la pensée, c’est la VERITE. »(HEGEL)
A dimanche!
Et des tas de bisous à vous toutes, amies- ailées, qui passez!

Anne je ne sais si tu t’es inspirée de ce tableau a la belle mauresque pour réaliser cette magnifique corbeille …il y a peut-etre un peu de ce souvenir là… mais pour moi ta creation je la perçois comme un autoportrait …..te souviens-tu ce qu’un jour je t’avais demandé …..une corbeille qui te ressemblerait… eh bien Anne je crois bien la découvrir ce matin …..superbe creation et quelle maitrise pour la technique….
je reste scotchée devant cette corbeille , sans voix ! heureusement qu’il y a le clavier pour te dire combien elle est belle , originale , tortueuse à souhaits , tellement toi .ce n’est plus une simple corbeille , c’est de l’art !! continues de prendre les chemins de traverses ,ils te réussissent à merveille . bises pluvieuses mais rieuses
Le début de ton article était vraiment bien tourné ! Tu dis que tu t’autocensures mais tes lignes en disent beaucoup !
Quant à la Vendée, ce n’est qu’en venant m’installer dans la région que j’ai réellement pris la mesure de ce qui s’est passé il y a à peine plus de 200 ans. Heureusement, certains entretiennent la mémoire de leurs ascendants à peine quelques générations plus haut, et s’abstiennent de fêter le 14 juillet. L’école de la République, elle, a balayé ce type d’épisode pour n’en garder que ce qui l’arrange…
ET j’oubliais : vraiment très complexe, cette corbeille. Chapeau !
Chère Anne,
Alger, Oran…et ma mémoire s’envole. Les pleurs de mes parents, mes frères qui sanglotent et moi qui m’accroche. J’ai trois ans sur ce bâteau et je me souviens.
Je me souviens de ce passé, de mon passé, je pense à mes grands parents, je n’irai jamais pleurer sur leur tombe. Même mes morts restent seuls. Je reste là, à jamais inconsolable.
Je t’embrasse
Chères Mijane et Anne,
St Eugène, ces lieux appartiennent aussi à ma mémoire.
Mes parents maintenant décédés, avaient 47 ans quand on leur a tout arraché. Je mesure leur désespoir car si aujourd’hui si on m’arrachait à ma famille, ma maison, mon métier, ma vie…Si je devenais étrangère à ma Patrie que je chéris…
Je reste inconsolable de tout leur chagrin. Inconsolable de n’avoir pu les consoler.
Je vous remercie de me permettre d’exprimer ma page d’histoire, mémoire de l’Algérie, mon pays, mon pays qui était en France.
Je vous embrasse toutes deux.
Chère Anne,
Tu as tissé là encore, et j’ai écrit une page que peu de fois j’ai conté.
Je t’embrasse
Alice